• L'intégration au sein de la famille :
L'intégration au sein de la famille peut être aussi bien très facile que difficile. Trois approches différentes et complémentaires sont successivement retenues: d'abord, l'identification des facteurs susceptibles d'affecter positivement ou négativement l'intégration familiale de l'enfant, ensuite l'évaluation que font les adoptés et leurs parents de leurs relations interpersonnelles, puis l'étude de la qualité de construction des liens familiaux dans les familles adoptives.
L'intégration familiale des adoptés est habituellement considérée satisfaisante par les personnes concernées, selon les résultats de recherches dans le cadre desquelles on a demandé aux enfants et à leurs parents de qualifier leurs relations. Des problèmes majeurs sont cependant ressentis dans une minorité de cas et il y aurait certaines différences entre enfants adoptés et non-adoptés en ce qui concerne leur sentiment d'appartenance à la famille et leur perception de la place qu'ils y occupent. La majorité des adoptés et de leur famille disent avoir entre eux de bonnes relations. Ceci dit, même dans les meilleures conditions, certaines adoptions compromettent l'équilibre familial de façon plus ou moins intense et prolongée. Selon une étude effectuée en 1995 en Néerlande, 25 % des parents disent avoir eu des problèmes sérieux à l'adolescence de leur enfant adopté. Il peut alors arriver que l'enfant soit retiré de son milieu familial. Une recherche réalisée auprès d'institutions hollandaises responsables du placement d'enfants en milieu substitut (93 % de taux de réponse, 670 institutions) révèle que 5 à 6 % des adoptions internationales réalisées jusque-là dans le pays ont impliqué un placement à un moment ou à un autre. Les placements d'enfants adoptés à l'étranger seraient ainsi cinq fois plus importants que pour la population des enfants nés en Hollande. Le plus haut taux de perturbations familiales surviendrait vers l'âge de douze ans. Et, plus l'enfant est adopté vieux, plus il y a de recours à un placement (1 % pour les enfants adoptés à moins de six mois, 20 % pour les enfants adoptés à partir de six ans et demi).
L'étude des relations entre frères et soeurs offre des données intéressantes concernant la perception qu'ont les jeunes adoptés de leur place au sein de leur famille. Plusieurs recherches montrent qu'ils évaluent en général positivement leurs relations avec leurs frères et leurs soeurs biologiques et adoptés.
Dans l'ensemble, ils disent entretenir le même type de relation avec leurs frères et soeurs adoptés et non-adoptés et rapportent avoir le même type de relation avec leurs frères et leurs soeurs de la même couleur qu'eux et ceux qui sont blancs.
• Les enfants cherchent-ils à retrouver leurs parents biologiques ?:
C'est plus vers l'adolescence que les enfants adoptés se rendent compte qu'ils on été adoptés. La plupart des enfants adoptés cherchent à retrouve une trace de leurs parents biologiques, mais environ 80% des enfants abandonnés à l'étranger n'ont aucune possibilité de retrouver les traces de leurs parents biologiques.
Lorsqu'il a atteint l'âge de 18 ans, ou avant ses 18 ans, l'enfant adopté a le droit de connaître les données relatives à l'identité de ses parents biologiques (nom et prénom, lieu d'origine ou nationalité des parents biologiques au moment de l'adoption). Les parents biologiques doivent dans la mesure du possible être informés de la démarche ; ils peuvent refuser de rencontrer l'enfant. Certaines recherches indiquent qu'environ 50 % des jeunes adoptés à l'étranger admettent penser à leur mère ou à leur famille d'origine de temps en temps. En cela, ils se distingueraient des enfants adoptés localement. En effet, dans l’étude de Benson, (1994), dont léchantillon est composé aux deux tiers denfants adoptés localement, près des deux tiers des répondants affirment qu'ils souhaiteraient rencontrer leur mère biologique. Selon l'étude de Rorbech en 1991, de 40 à 66 % des jeunes disent ne pas désirer avoir dautres informations ou ne jamais penser à leur mère biologique. Ces résultats pourraient refléter lidée que se font les adoptés de la possibilité réelle quune telle rencontre se réalise.
Kühl (1985) a interrogé des enfants biologiques, des enfants adoptés localement et d'autres adoptés à l'étranger. Les deux tiers de ces derniers souhaiteraient visiter leur pays d'origine et la moitié aimeraient rencontrer leurs parents biologiques. Toutefois, selon l'auteur, les jeunes les mieux intégrés socialement étaient surtout intéressés à leur pays d'origine, alors que ceux qui étaient instables ou insatisfaits de leurs relations avec leurs parents adoptifs étaient plus nombreux à vouloir rencontrer leurs parents biologiques. Ce sont les filles qui recherchent plus à retrouver des traces de leurs origines et de leurs parents biologiques, ainsi que de pouvoir les rencontrer.